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Mardi 23 juin - Volerati Voleratipa ?...

Briefing météo à 9h15. Mistral encore fort. Nouveau briefing à 10h45 et sans doute la décision pour cette journée...

11h00... On n'est pas sûr de pouvoir voler, mais on ne veut certainement pas être en bas si c'est possible. Tout le monde monte au décollage.

13h30... Proposé : Chabre Nord, col Saint-Jean, montagne de Lure (est), Puimoisson, Valensole et atterrissage à Oraison.

15h00... Pilotes toujours au sol. Mistral toujours trop fort.

15h30... Call it a day. Annulé !

 

Voler ou ne pas voler ? C’est bien la question ! Plus que tout autre sport, le vol libre est dépend de la météorologie. Météo générale, celle des grands flux, des vents dominants comme le mistral qui a si bien pu empêcher tout vol ces derniers jours, et micro-météo, celle des phénomènes locaux comme vents de vallée ou confluences. Pour cette raison, le premier travail des organisateurs est de collecter toutes les informations disponibles et de les analyser, pour qu’en début de matinée, lors de la réunion des chefs d’équipe, tous aient déjà une bonne idée de ce que sera la journée.

Les centres Météo-France de Gap et de Saint-Alban fournissent l’essentiel des informations, complétées par un sondage des couches basses de l’air réalisé à Laragne par un ULM au tout petit matin. Pression à 5 500 m et au niveau du sol, images satellite, émagramme, prévisions de vent à 1 500 et 3 000 m ont ainsi permis hier à David Owen, le responsable météo, et Heather Mull, la directrice d’épreuve, de prendre la décision de faire monter pilotes et accompagnateur au décollage de la montagne de Chabre. Une fois rendus sur place, David et Heather ont regroupé autour d’eux le comité des pilotes et Ali Gali, responsable de la sécurité, pour observer ensemble le ciel et tracer sur une carte un parcours adapté : aujourd’hui Chabre Nord, col Saint-Jean, montagne de Lure (est), Puimoisson, Valensole et atterrissage à Oraison. Le parcours proposé prend en compte tous les facteurs, dont celui de la sécurité n’est pas le moindre. Pas question d’envoyer les pilotes, par exemple, sous le vent d’une crête dans des turbulences dangereuses.

Quelle sont les conditions idéales pour une belle journée de vol ? Météo-France, partenaire de ce Mondial, les définit ainsi sur la page de son site Internet consacrée au championnat : « Du soleil, un ciel bleu le matin en montagne avec un vent très faible pour ne pas désorganiser les thermiques. De l'air froid ou frais jusqu'à 2 500 / 3 000 mètres d'altitude pour une convection optimale. De l'air un peu humide, pour la formation de cumulus car la convection est meilleure qu'en thermique pur et les cumulus matérialisent les pompes. Des cumulus vers 2 500 mètres dans l'après-midi. » L’idéal n’est pas toujours au rendez-vous ! Les deux ennemis de l’homme volant sont le vent et les orages. Nous avons trop souvent parlé du premier depuis quelques jours. Nous n’échapperons pas aux derniers en fin de semaine. Des orages en fin de journée ne seraient pas trop graves, car avec des décollages vers midi la marge est large pour réaliser de beaux vols. Mais que le ciel menace plus tôt et envoyer cent trente pilotes en vol deviendrait problématique.

David, Heather et Ali auront besoin de tous leurs talents pour analyser les situations et proposer des vols à la fois sélectifs et sûrs. La réussite de ce championnat est dans leur mains... si la météo le veut bien !

(Illustration : partie d'un tableau d'Alain Chauvet. Nous en reparlerons...)

Le Rêve…

(Petite histoire du vol libre en 15 épisodes de 110 mots)

Le premier véritable succès des pilotes est celui d'un ingénieur allemand, Otto Lilienthal. Comme beaucoup d'autres, il s'inspire des oiseaux. Otto étudie de nombreux profils d’aile, crée la première base de données scientifiques sur le vol du plus lourd que l'air et publie ses résultats en 1889. Deux ans plus tard, il effectue ses premiers vols. Pour pouvoir voler plus facilement, il construit son propre aéroport : une butte d'une dizaine de mètres de hauteur, un hangar à son sommet, des décollages faisant face aux vents dominants. Il accomplit finalement avec succès quelques deux mille vols sous plusieurs machines avant de se tuer, cinq ans plus tard, par une venteuse journée d'août.