Hier...
Johny Durand passe la ligne à Ribiers. En arrière plan, le chateau de Mison, dernière balise avant le goal. Antoine Boisselier a bien franchi la ligne en premier, mais l'Australien Johny Durand est parti 1/4 d'heure plus tard et lui souffle la victoire d'étape pour 1 minuscule point. Le classement général est bouleversé : Ruhmer est bien accroché à sa première place, 219 points devant Ploner, lui-même 203 points devant Durand. Le quatrième est à 119 points, avec 4 autres pilotes derrière à moins de 100 points dont Zin, actuellement 7e. Les autres Français : Boisselier est 13e, Rizo 15e, Alonzi 22e, Agenès 58e. Par équipe, Italie et Autriche ne sont plus séparé que de 48 points. La dernière manche sera chaude ! La France suit à plus de 400 points et les Australiens sont derrière à 600 points. Vendredi 3 juillet - Quel final ! 9h45... Chaud, ensoleillé, peu de chance d'orage, vent modéré de nord ouest, ce sera Le décollage Nord de la montagne de Chabre pour le décollage et derrière, on espère, une manche d'anthologie pour conclure en beauté une compétition parfois frustrante. Personne n'aime rester cloué au sol par le Mistral. Personne n'aime les manches annulées avant même d'avoir commencé. Personne n'aime la loterie des manches arrêtées en vol. Laragne-Chabre a eu son compte de déceptions climatiques, et une belle journée où l'on enfile les km élargira le sourire des pilotes et organisateurs.
Chabre vers B47 – B 87 – B63 et Laragne soit Bonnet Rouge, Batie Neuf(atterrissage), Volonne et goal vers 17h15. Conditions marginales au décollage. Ça pousse pour ne pas louper la bonne fenêtre ! View Task 8 in a larger map 15h45... Tout le monde en vol. Arrivée prévue à partir de 17h15. 21h30... Italie ! L’histoire était déjà écrite. Bébé Ruhmer dans son berceau avait déjà de petites ailes qui poussaient dans son dos. Trente-neuf ans plus tard, sans rival après trois titres mondiaux et quatre européens, il se retire dans la planète Ailes Rigides où il glane quelques nouveaux titres mondiaux. S’ennuyant à mourir, il décide de revenir à ses amours premiers où il n’a rien et tout à prouver. Et bien sûr il va gagner avec juste assez de suspense (sa 16e place de la première manche) mais pas trop (la raclée qu’il inflige à tous le monde lors de la seconde manche). Cet après-midi, à l’heure même où nous, journalistes spécialisés, mettons le point final à la chronique d’une victoire annoncée, Manfred Ruhmer se pose dans un champ à la première balise et s’assure d’un bon en arrière d’une dizaine de place. La rumeur d’un Ruhmer rétamé se répand, et les journalistes penauds se précipitent à l’atterrissage pour savoir, jumelle au poing, qui va gagner ! Ciel bleu et vide... Une heure plus tard un point à l’horizon, le Brésilien Néné Rotor, hilare, est le premier à se poser au goal. Dix minutes plus tard, un autre hilare, Johny Durand, l’Australien 3e au général, maintenant second avec Manfred dans les choux, 203 points derrière l’Italien Alessandro Ploner. Johny, rayonnant puis tendu, qui regarde le ciel et transforme mentalement les minutes qui passent en points qu’il rattrape. Qu’Antoine Boisselier se pose bientôt et remonte encore de quelques places au général le laisse froid. Une autre poussière dans le ciel finit bien par se transformer en Ploner, et Johny hésite un moment entre déception et jubilation pour choisir la dernière. Une médaille d’argent, sa première dans un Mondial, ce n’est pas si mal ! Le camp italien explose de joie. Ploner champion en individuel et l’équipe qui gagne aussi le titre ! L’équivalent d’un grand chelem ! Le final de cette histoire est écrit au conditionnel, avec sur le podium supposé de ce Mondial Ploner, Durand et Weissenberger (Autriche). Par équipe : Italie, Autriche et France... Résultats dans la nuit !
L'hommage de Johny à Ploner. Ce sera dans son blog !
L'hommage du jeune maître (Alessandro) à l'ancien (Bill Moyes)
Les Italiens autour d'Heather, la directrice des épreuves. Le Rêve… (Petite histoire du vol libre en 15 épisodes de 110 mots)
Les traces GPS permettent d'analyser les vols Le pilote d’aile delta d’aujourd’hui emporte un matériel de haute technologie. Son aile, bien sûr, où le carbone remplace de plus en plus l’aluminium. Mais aussi son harnais, profilé pour moins offrir de résistance à l’air, et des instruments qui facilitent vol et navigation. L’altimètre indiquera la hauteur atteinte, le variomètre le taux de montée, l’anémomètre la vitesse. Les GPS dédiés au vol libre intègrent ces données et en proposent bien plus : le pilote sait ainsi où il est, où il doit aller, à quelle vitesse optimum et avec quelle dérive. Le GPS est devenu l’instrument indispensable au vol de performance. Il permet également aux organisateurs de compétition de contrôler très précisément les parcours effectués. Le vol libre du XXIe siècle est un sport majeur, où le vol de loisirs dans le « bocal » de son site préféré côtoie les performances les plus impressionnantes, comme les 700 km en ligne droite réalisés par l’Autrichien Manfred Ruhmer au Texas. Décollant à pied, atterrissant de même, se déplaçant comme et où il le veut, le libériste est vraiment devenu homme oiseau, réalisant un des plus vieux rêves de l’humanité. |